Jump to Navigation

Les poésies qui ont inspiré Angélique POIRIER

Oui, je suis le rêveur...

Poème XXVII du Livre Premier des « Contemplations »

Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade

Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade,

Et l'interlocuteur des arbres et du vent.

Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent,

En mai, quand de parfums les branches sont gonflées,

Des conversations avec les giroflées;

Je reçois des conseils du lierre et du bleuet.

L'être mystérieux, que vous croyez muet,

Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire.

J'entends ce qu'entendit Rabelais; je vois rire

Et pleurer; et j'entends ce qu'Orphée entendit.

Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit

La nature aux soupirs ineffables. Je cause

Avec toutes les voix de la métempsycose.

Avant de commencer le grand concert sacré,

Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré,

La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle,

Tous ces doux instruments, m'adressent la parole;

Je suis l'habitué de l'orchestre divin;

Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain.

J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille,

A force de parler doucement à la feuille,

A la goutte de pluie, à la plume au rayon,

Par descendre à ce point dans la création,

Cet abîme où frissonne un tremblement farouche,

Que je ne fais plus même envoler une mouche!

Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi,

S'apprivoise et devient familier avec moi,

Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses

font avec les bourdons toutes sortes de choses;

Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis,

J'avance largement ma face sur les nids,

Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte,

N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte,

Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous;

Le lys prude me voit approcher sans courroux,

Quand il s'ouvre aux baisers du jour; la violette

La plus pudique fait devant moi sa toilette;

Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr

Et le frais papillon, libertin de l'azur,

Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue,

Si je viens à passer dans l'ombre, continue,

Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon,

Il lui dit: Es-tu bête! Il est de la maison.

Victor HUGO

La promenade du poète
J'ai descendu dans mon jardin

J'ai descendu dans mon jardin

J'ai descendu dans mon jardin (bis)

Pour y cueillir du romarin

Gentil coquelicot, Mesdames

Gentil coquelicot nouveau

J'n'en avais pas cueilli trois brins (bis)

Qu'un rossignol vint sur ma main

Gentil coquelicot, Mesdames

Gentil coquelicot

Il me dit trois mots en latin (bis)

Que les hommes ne valent rien

Gentil coquelicot Mesdames

Gentil coquelicot

Que les hommes ne valent rien (bis)

Et les garçons encore moins bien

Gentil coquelicot Mesdames

Gentil coquelicot

Des dames, il ne me dit rien (bis)

Mais des d'moiselles beaucoup de bien

Gentil coquelicot Mesdames

Gentil coquelicot

Anonyme

Le chat et le soleil

Le chat ouvrit les yeux,

Le soleil y entra.

Le chat ferma les yeux,

Le soleil y resta.

 

Voilà pourquoi, le soir

Quand le chat se réveille,

J'aperçois dans le noir

Deux morceaux de soleil.

Maurice CARÊME

Le chat et le Soleil

Ce matin

Ce matin

Ce matin

Tout est blanc

Tout est gai

Tout pétille

Les bonhommes de neige

Dans les jardins jeunes mariés

Allument heureusement leur pipe

Au briquet du soleil.

Gilles BRULET

L'oiseau voyou

Le chat qui marche l'air de rien

voulait se mettre sous la dent

l'oiseau qui vit de l'air du temps

oiseau voyou oiseau vaurien

 

Mais plus futé l'oiseau lanlaire

n'a pas sa langue dans sa poche

et siffle clair comme eau de roche

un petit air entre deux airs.

 

Un petit air pour changer d'air

et s'en aller voir du pays

un petit air qu'il a appris

à force de voler en l'air

 

Faisant celui qui n'a pas l'air

le chat prend l'air indifférent.

L'oiseau s'estime bien content

et se déguise en courant d'air.

Claude ROY

L'oiseau voyou
Hirondelles

Hirondelles



Pourquoi donc les hirondelles

Se posent-elles légères

Sur les fils téléphoniques

Avec des airs ironiques ?

 

Elles font ça pour se distraire

Et pour occuper les enfants

Qui sages comme des images

Restent le nez levé en l'air

A écouter le bavardage

Des hirondelles sous l'auvent.

Claude ROY

Aubade de Magali

Extrait de « Mireille »

O Magali, ma bien-aimée,

Mets la tête à la fenêtre ;

Écoute un peu cette aubade

De tambourins et de violons.

Le ciel là-haut est plein d’étoiles,

Le vent est tombé.

Mais les étoiles pâliront

Quand elles te verront !...

Frédéric MISTRAL

Aubade de Magali
J'irais jusqu'au bout du Monde

J'ai mis

J’ai mis dans ma gibecière

mes collines, mes châteaux,

mes églises, mes rivières,

mes prairies, mes chevaux.

Je me suis noué au cou

un foulard de pleine lune

dans ma poche ai mis un bout

de pain et deux ou trois prunes.

J’ai chaussé mes gros souliers

pris mon chapeau de tempête

et je me suis en allé

esprit clair et coeur en fête.

J’irai jusqu’au bout du monde

et je rentrerai chez moi

si la terre est vraiment ronde

le bout est derrière toi.

Arthur HAULOT

Neige

Sur la musique du silence

Dansent, dansent les flocons blancs

Qui se balancent

Et qui s’en vont

Tisser une douce couverture

Pour la terre qui s’endort

Sur la musique du silence

Dansent, dansent les flocons blancs.

Jacqueline MÉRIOT

Neige

 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.


Main menu 2

by Dr. Radut.